New solar cells and sunflowers

Une économie verte pour un développement durable

Les enjeux de l’économie verte exigent une action forte et concertée, dans le cadre d’une délégation confiée à Marie-Christine Kadler, vice-présidente en charge du développement durable, de l’énergie et de l’aménagement du territoire.

Marie-Christine Kadler est élue à la mairie d’Apt et adjointe au maire depuis 2008. Conseillère communautaire depuis cette date, elle est devenue en 2014 vice-présidente en charge du développement durable, de l’énergie, des déchets, des milieux aquatiques. Ecologiste convaincue, elle a pris conscience des questions d’environnement et de leur importance lors de la conférence de Rio en 1992. Depuis, elle n’a cessé de travailler à la mise en œuvre d’actions concrètes. Elle nous explique quel sera le champ d’action et la place de la CCPAL dans la défense écologique du territoire.

Marie-Christine Kadler comment envisagez- vous votre vice-présidence?

Je me félicite tout d’abord que l’écologie et l’énergie figurent pour la première fois dans les statuts de la CCPAL. Cette prise de conscience de l’importance des questions de développement durable tient compte des opportunités spécifiques de notre territoire. Elle permet d’œuvrer dans le réseau des petites entreprises, pour la production et la consommation locale en aidant les initiatives y compris associatives. Elle se propose de soutenir l’agriculture, l’un des fleurons de notre territoire, très maltraitée par l’urbanisation. Il faut pour cela encourager la production et la consommation locale. Des mesures concrètes sont à mettre en œuvre pour le sauvetage des terres agricoles.
Pour les déchets, nous menons une autre action avec l’ambition de sortir du « tout jetable ». La CCPAL doit aider à la transition nécessaire vers le développement durable, les énergies renouvelables, le recyclage, la mise en place d’une économie circulaire.
Désormais la plupart des subventions seront subordonnées à des conduites exemplaires. Des actions concrètes sont déjà en cours, notamment en matière de développement économique puisque dans la zone Perréal, les entreprises seront  encouragées à calculer la résistance des toits de leurs futurs bâtiments pour pouvoir installer des panneaux photovoltaïques.
Je souhaite me consacrer avant tout à l’action concrète avec l’appui de mes collègues du conseil.

Votre ténacité et votre aptitude à ne rien lâcher sont connues. D’où vient  le sens de votre engagement dans l’action publique ?

J’ai eu une vie professionnelle qui m’a permis de fréquenter des milieux très différents. L’administration, le monde des traducteurs et des écrivains, l’enseignement, le commerce et le tourisme. Mariée à un étudiant en architecture, j’ai conservé de ces années d’études une connaissance des questions d’architecture et d’urbanisme que j’ai développée par la suite. Je connais le pays d’Apt depuis 1960, j’avais alors 10 ans. Autant dire que je sais que nous avons raison de vouloir protéger ce qui fait son charme et sa spécificité, sa culture que tant de touristes viennent découvrir. Je sais aussi le quotidien des habitants qui n’ont pas toujours l’emploi, le logement, le niveau de vie espérés. Je suis favorable au développement, mais au développement durable. Celui qui permet de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Et il n’est même plus question de générations futures. Ce n’est pas demain, c’est maintenant. Quand on parle de réchauffement climatique, du débit des fleuves menacés, d’épuisement des ressources, les horizons paraissent lointains 2050-2080… Mais les adultes qui seront confrontés à ces situations sont déjà vivants, ce sont nos enfants et petits enfants.
Alors, si je suis en effet connue pour ma ténacité, elle n’est pas faite d’opiniâtreté mais d’optimisme. Je ne renonce pas à l’idée de faire comprendre que nous serions plus heureux si nous parvenions à vivre davantage en harmonie avec notre planète. Mon engagement dans la vie publique vient de cet optimisme. Sentir qu’on entraine les habitants et les élus dans la mise en pratique de propositions écologiques est un but exaltant.  Pourquoi la  politique ?  Elle est, pour moi, le moyen d’être efficace.
Pour les milieux aquatiques, la compétence est nouvelle pour la CCPAL. Fort heureusement j’ai acquis par ailleurs une certaine expérience en étant membre du bureau de la Commission Locale de l’Eau (CLE).  La loi impose d’établir un Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE). Ce SAGE est élaboré avec de multiples partenaires  réunis au sein de la Commission Locale de l’Eau(CLE). C’est cette “CLE” qui valide le projet devant correspondre à une bonne gestion de l’eau. Pour toutes ces questions, la collaboration avec le Parc naturel régional du Luberon est essentielle

Que mettez-vous au cœur de l’écologie ?

L’humain. J’ai toujours attaché une grande importance  à la qualité de vie des êtres. Il faut cette persévérance dans le domaine de l’écologie trop souvent décriée, considérée comme peu réaliste, elle trouble bien des habitudes et semble exiger beaucoup de nous tous. Pourtant de nombreux emplois peuvent être créés dans ce domaine.

« Répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

M-C Kadler

Je prends l’exemple de la rénovation des logements insalubres et de la précarité énergétique. Certaines personnes jeunes ou âgées par exemple n’ont pas beaucoup de revenus et peinent à se chauffer. Nous connaissons tous des personnes dans ces situations difficiles. Soit les factures sont impayées soit elles se chauffent à minima. Mener une politique de rénovation thermique des bâtiments permettra de lutter contre la précarité sociale et de créer de nouveaux emplois. C’est du développement durable, de la croissance verte.

Y a-t-il d’autres actions concrètes que vous souhaitez mener ? Dans quels domaines ?  Avec quels partenaires ?

Mes domaines d’actions sont définis. Il s’agit du développement durable, de l’énergie, mais aussi des déchets et des milieux aquatiques. L’élimination des déchets est un vaste problème. Les habitants de la communauté de communes jettent tous les ans entre 430 et 465 kilos d’ordures ménagères car il y a des variations saisonnières, et la moyenne  si l’on ajoute les autres déchets, s’élève à 721 kilos par an et par habitant pour la région PACA! Vous imaginez l’importance de la question. Tout le monde attend que ces ordures et autres déchets disparaissent comme par enchantement. Mais qui est prêt à accepter une déchetterie, un incinérateur ou un centre de stockage sur sa commune? En dehors des déchets ménagers et assimilés,  trois types de déchets posent des problèmes aigus au territoire : déchets verts avec la fin du brûlage, gravats et déchets du BTP, encombrants abandonnés de façon sauvage sur le domaine public. Le chantier est vaste. La réponse viendra des collectivités bien sûr mais aussi des comportements individuels. Nous pouvons recycler, transformer en ressource ce que nous avons pris l’habitude de jeter. Dans l’économie circulaire, les déchets d’aujourd’hui sont nos matières premières de demain. La recyclerie du pays d’Apt (HAPA) et l’association Résilience sont des pistes intéressantes. L’association Résilience est soutenue par la communauté de communes au titre de sa compétence de collecte et traitement des déchets. Elle mène actuellement une expérimentation de lombri-compostage de déchets alimentaires provenant de la restauration collective sur un terrain mis à disposition par un agriculteur membre du Groupement des Agriculteurs du Luberon. Du 6 janvier au 30 octobre 2014 l’association a collecté 18 tonnes de déchets alimentaires provenant de trois sites dont la cité scolaire — 200 g de l’assiette du collégien et du lycéen vont chaque jour à la poubelle ! — et la cuisine centrale de la restauration collective de la Ville d’Apt. La première phase de lombriculture est achevée. Le compost est actuellement en cours d’analyse pour obtenir une certification NF. Il faut savoir que ces déchets non transformés en compost, partent en camion à Vedène, où se trouve un gros incinérateur. Ils représentent au moins 3500 tonnes par an.

Vous participez à un très grand nombre de commissions à la CCAPL et auprès ses nombreux partenaires en matière environnementale. Le plus important n’est-il pas le PNR du Luberon ?

Incontestablement c’est un partenaire privilégié avec lequel nous menons des actions conjointes, bénéficiant de l’appui logistique de leurs techniciens. Nous travaillons ensemble à la protection des terres, la prévention des incendies, la création d’activité économique, la production locale de fromage.  Le travail s’effectue dans différentes structures : un groupe  Transition énergétique, un Conseil de développement et de transition, une Commission de l’Eau, dans l’étude de Circuits courts agricoles, dans un réseau de protection et d’acquisition de foncier agricole. L’exemple le plus concret est celui du plateau des Claparèdes où nous œuvrons conjointement à la préservation  du milieu et à la  ré-installation de bergers. La CCPAL doit maintenant avoir un rôle moteur dans tous ces domaines. Elle doit relier les projets, les faire éclore. Je n’ai pas encore de service spécifique mais je suis aidé par César Pitoiset, chef de projet à la CCPAL qui m’apporte toute sa compétence. Architecte de formation, rompu aux questions d’urbanisme, il a une solide expérience et sait mener à terme les tâches qu’on lui confie. C’est un atout pour moi dans la mise en œuvre de mes attributions.

S’assurer de la meilleure collaboration des partenaires institutionnels et des associations, avec comme axe principal le développement des ressources locales est une question de volonté. J’y suis déterminée.