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Crèches : l’avenir de nos petits en jeu

Renforcer la capacité d’accueil en aménageant les structures existantes.  Libérer le personnel des problèmes d’intendance pour un meilleur service à l’enfant. Ce sont les deux axes d’action de Gisèle Bonnelly

Passionnée,  authentique,  énergique et amicale,  quatre adjectifs qui qualifient parfaitement Gisèle Bonnelly, maire de Roussillon, vice-présidente  de la CCPAL, en charge de la petite enfance et de la jeunesse.  Au fil de l’interview, Il apparait évident que Gisèle n’a pas été élue à cette vice-présidence parce qu’elle est une femme, mais bien parce qu’elle possède à la fois l’écoute chaleureuse et l’autorité nécessaire pour gérer et rationaliser le plus gros service de la communauté. Portrait et projets d’une personnalité généreuse, qui n’use pas de la langue de bois et qui, assure-t-elle, va mettre « les mains à la pâte » pour la petite enfance.

Gisèle Bonnelly, qu’est-ce qui vous a conduit ici à la communauté pour vous occuper de la petite enfance ?

La passion et l’engagement.  D’abord dans la vie associative, ensuite dans la vie publique en tant que conseillère municipale durant  deux mandats, puis depuis 2008 comme maire. J’ai été présidente  du judo club et du sou des écoles à Roussillon, présidente d’une association de parents d’élèves aptésienne  pendant 10 ans. J’ai eu aussi des responsabilités au Comité du bassin d’emploi et à la pépinière d’entreprises. Durant mes mandats de conseillère municipale, je m’occupais de l’école et de la famille. J’ai donc une certaine expérience en matière de politique familiale en milieu rural.  Je suis aussi  intimement convaincue de l’importance de la question de la petite enfance dans le développement de notre territoire et spécialement le développement  économique. Il faut proposer aux familles qui viennent s’installer et vivre ici des modes de garde pour leurs enfants.  Augmenter notre capacité d’accueil ainsi que la qualité du service est primordial.

Avez-vous le projet  de créer de nouvelles structures, d’implanter de nouvelles crèches sur le territoire ?

Non pas de nouvelles crèches. Le parc des structures de la petite enfance a profité de l’intercommunalité et des moyens  mis en œuvre. De nombreuses crèches ont déjà été réalisées, la dernière à Céreste avec la Baleine bleue.  Renforcer la capacité d’accueil passera maintenant par l’agrandissement des structures existantes. Ainsi la crèche d’Apt va déménager pour s’installer dans l’ancienne caserne des pompiers et offrir 40 places, avec des locaux mieux adaptés et un confort  d’utilisation pour parents, enfants et personnels. A Saint-Saturnin,  nous envisageons de réaménager le lieu d’accueil pour là encore augmenter l’effectif. 

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A Gargas, nous allons ajouter 7 places à la Boite à malice. Je le répète, le territoire ne sera attractif que si les familles peuvent faire garder leurs enfants. Je suis aussi très attentive à tous les autres modes de garde et systèmes innovants. Je pense aux relais assistance maternelle mais aussi au développement de modes alternatifs que la communauté pourrait encourager. Je ne m’interdis aucune piste.

 A côté des projets à mettre en œuvre, il y a le quotidien, comment avez-vous abordé  concrètement votre vice-présidence ?

Mon premier souci a été de m’imprégner, d’effectuer un état des lieux, de visiter des crèches — je n’ai pas encore terminé d’ailleurs — et d’organiser des priorités. Il me faut aussi être à l’écoute de mes collègues du conseil communautaire, savoir faire remonter les demandes et recueillir tous les avis. C’est pourquoi la commission petite enfance est très ouverte.

Quels sont les axes sur lesquels vous allez travailler ?

Le cœur de mon action va d’abord se situer sur le terrain concret de l’alimentation des tout-petits. J’ai constaté une grande différence de traitement entre les structures d’accueil et il est indispensable de les rationaliser. La quête quotidienne de nourriture induit une grande déperdition d’énergie. Certaines crèches ont leur cuisine, d’autres se font livrer, d’autres achètent au coup par coup.  In situ nous devons nous conformer aux conditions sanitaires exigées par les services de l’Etat.

Je ne veux ni bricolage  ni de temps perdu pour le personnel. Il m’importe de leur faciliter la tâche et de les libérer des contingences d’organisation. Je veux rationaliser pour faire des économies et sécuriser les modes de fourniture des repas. Notamment en passant des appels d’offres pour une fourniture commune.  Nous les étudierons avec soin. Je souhaite que les enfants et les bébés mangent bien et mangent des produits du territoire. Il faut viser l’excellence tout en dépensant moins.  C’est possible et ce sera une amélioration concrète.

Gérer un service de 82 personnes, ce n’est pas facile.  Avez-vous des ambitions en matière de gestion du personnel ?

En effet c’est un gros service et un service sensible. On peut mal goudronner une route, on finira toujours par la réparer. En matière de petite enfance les enjeux sont  d’une exceptionnelle importance et gravité. Il faut être exemplaire et vigilant. Je souhaite un personnel qui travaille en conscience et qui ait le sens des responsabilités. Je suis assistée par Sandrine Isson, une directrice hors pair qui allie qualités professionnelles et humaines que nul ne songerait à contester. Mon seul souci est d’optimiser le service pour le bien-être de tous. Chaque poste doit être au service de l’enfant et il faut pour cela dégager les agents des problèmes d’organisation. Insuffler de  l’énergie ailleurs que dans des problèmes d’intendance. Viser l’excellence avec la formation du personnel.  C’est du travail de terrain. Pour chaque crèche  le fonctionnement doit être millimétré, cousu main en quelque sorte.

Et d’un mot qualifier votre action pour les six ans à venir ?

Du concret. Il est plus important d’améliorer le fonctionnement de nos structures plutôt que de rêver à en créer d’autres dans une conjoncture économique incertaine et un désinvestissement de l’Etat auprès des collectivités territoriales.  Je vise des résultats pour l’enfant et une belle image pour notre territoire.